Ce vendredi 11 avril a eu lieu la séance de rattrapage d’enregistrement des ménages bénéficiaires du Projet Filets Sociaux Adaptatifs et d’Inclusion Économique (PFS-AIE)qui n’ont pas pu s’enregistrer au mois de janvier , lancé le 11 décembre 2023. Avec le soutien de l’IDA (Association Internationale pour le Développement), le projet cible 500 ménages pauvres ou vulnérables.
Les bénéficiaires, originaires de Fokoué, recevront chacun 180 000 Francs CFA. Les versements de 30 000 francs CFA auront lieu tous les deux mois.
Nous sommes allés à la rencontre des bénéficiaires.
*Une belle opportunité pour que “ceux qui n’en ont pas puissent en bénéficier”*
Calvin, originaire de Fomopéa, nous explique que de son propre ressort, il a décidé de participer à l’organisation. Parce que les équipes du PFS-AIE, conduites par Monsieur Kanjo Elvis, Responsable Régional du Nord-Ouest, sont venues, avec les équipes de la Mairie, lui “tendre la main au besoin où il en avait le plus besoin”.
L’année dernière, en plein mois de juin, les agents d’identification sont venus frapper à sa porte. “Quand tu survis, tu n’attends personne”, alors la surprise n’a pas manqué de détoner. Pour lui, ça a été une belle opportunité pour que “ceux qui n’en ont pas puissent en bénéficier”. Parmi les 10 000 ménages bénéficiaires à l’échelle nationale, 3 000 sont originaires de la région de l’Ouest.
*Semer les projets agricoles dans les montagnes*
Arshedetou, quant à elle, est originaire de la communauté Bororo, qui se situe actuellement dans les montagnes de Fokoué. Cette indemnisation lui permettra, à elle et sa famille, de “buy seeds and plants” [d’acheter des semences et des plantes] “to lead agriculture projects”[de mener des projets agricoles].
Elle s’estime “very grateful to have this”[très reconnaissante de bénéficier de ça], indemnisations qui seront une façon pour elle “to use it with advance” [de prendre de l’avance]. Grâce au processus de sélection mené par une série de sensibilisations et d’enregistrements des agents de la commune de Fokoué, Arshedetou et sa communauté pourront doubler leurs rendements agricoles.
*Valoriser la santé, les soins et l’avenir des enfants*
Caroline de Fontsa-Touala, quant à elle, envisage d’utiliser cette aide financière pour le commerce, pour l’élevage, mais aussi et surtout pour les soins de ses enfants.
Ainsi, les agents de ciblage ont veillé à soutenir les populations les plus vulnérabilisées par les chocs externes.
Les objectifs du projet ne se limitent pas à l’aide financière et Odile de Fomelo l’a bien compris. Visant à favoriser l’insertion des 18-35 ans dans leurs projets d’entreprise,
le PFS-AIE permettra à la jeune femme d’investir dans son projet commercial. Car il s’agit d’apporter son appui “sur le long terme” afin de favoriser l’insertion professionnelle et le développement économique.
Egalement, elle compte acheter les engrais qui lui permettront de mener ses projets agricoles et accompagnera ses enfants dans leurs projets scolaires. Elle envisage même de construire sa propre maison. Si ces aides ne suffisent pas à financer intégralement la construction, elles lui permettent néanmoins d’en amorcer l’épargne et d’être davantage tournée vers l’avenir.
*Construire l’avenir grâce à des projets durables*
Pour Patrice de Fotsagho, sa zone rurale reste, selon lui, “noyée dans la souffrance”. Quand son frère lui a annoncé la nouvelle, Patrice s’est senti comme libéré “pour ne plus pleurer la misère”. Car ce projet est ainsi une façon de “donner une chance d’avancer” pour pouvoir, à long terme, “se jeter dans la vie active”. Comme dans son village il n’y a aucun commerce, Patrice a décidé d’en ouvrir un pour que “les anciens qui peinent à marcher et à se déplacer puissent se ravitailler”. Parce qu’il voit “les gens quitter le village”, ce projet est porteur de sens pour Patrice. L’objectif est donc de “bousculer doucement” pour ne plus “qu’en sortant de la route ce soit le désert”.
Grâce à ces avancées indéniables portées avec brio par les agents communaux, certaines et certains, hier désespérés, envisagent aujourd’hui l’avenir différemment : “si on a pensé à gagner un point aujourd’hui, alors on en a déjà gagné 3/4 demain”.
Malgré les épreuves, la Mairie de Fokoué continue d’être dans l’action.
Texte & Images : Bérénice Pognant
